Depuis quelques temps, on assiste à un curieux revival : le retour des activités de loisirs féminines de nos grands-mères. Examinons un peu la vie d'une femme du XIXe (mais noooon ma grand-mère n'a pas 154 ans !) aux années 50.
Bien souvent la femme ne travaille pas, exceptées les paysannes, les femmes célibataires, ou ponctuellement, comme en temps de guerre. Ou alors elle est domestique. Ou prostituée. Mais le modèle de la femme respectable est celui de la ménagère. Qu'elles travaillent ou non, les activités domestiques sont les mêmes : outre l'éducation des enfants, la couture, la broderie, la cuisine, le jardinage, le réunions avec les copines, l'ennui (cf Emma Bovary). Et puis il y a eu la "libération de femme". Mettons des guillemets, car tel le criminel condamné à 20 ans qui sort enfin de prison, la réinsertion, et dans notre cas l'insertion tout court, est longue et difficile, voire n'arrive jamais.

Dans le désordre, les femmes ont donc : pu voter, brûlé leur soutif, obtenu le droit de vote, porté des mini-jupes, accédé au monde du travail, devenir des mères célibataires sans être soupçonnées de putasserie etc... et accessoirement, elles ont aussi pu obtenir le statut d'objet sexuel  plein temps.

Et c'est là que je veux en venir voyez vous, et pour celà, je vais utiliser un sujet que je connais un peu bien depuis une étude faite par moi-même l'an dernier : les séries télé. (ce post par complètement en chips)
Voyez-vous, si la série télé est en france un art mineur, c'est pas le cas aux Etats-Unis. Bon, en même temps, quand on voit la tronche des série française (mouhahahaha), on ne peut que penser à un étron flottant dans une mer de médiocrité. Mais aux "States", les séries télé sont un bon reflet de la société, de ses aspirations et de ses modes de pensées. Enfin, pour être plus précis, je devrais dire de la société blanche, mais là ce post va devenir carrément hors-sujet.
BREF !
Si l'on regarde un peu l'histoire des série américaines, qui ont commencées à peu près vraiment dans les années 50, voilà ce qu'on peut en dire : la série emblématique des 50's pour notre sujet est I Love Lucy, série mettant en scène un couple héros. La femme était une femme au foyer rêvant de music-hall. cette série tenait une grande place dans l'inconscient collectif américain, surtout pour les femmes désirant d'épanouir hors mariage.
Lucy
Dans les années 70, la série féminine par excellence est biensûr Drôle de dames, qui rendait vertes de rage les féministe. On a rarement vu série plus machiste, elle correspond à une époque où les femmes étaient des potiches en mini-short, libres sexuellement, mais franchement, rien de plus.
charlie_s
Pour les 80's, on peut citer Murphy Brown, présentatrice télé qui a choisi sa carrière avant sa vie privée, représentative de cette époque où la femme se libère en entrant dans le monde du travail, dominé jusque là par les hommes.
murphybrown
Les années 90 sont celles des super-héroïne, et là je vais vous parler d'un sujet que pour le coup je maîtrise VRAIMENT : Buffy contre les Vampires. Cette série géniale qui ne met plus en scène une blonde qui court en hurlant toute poitrine dehors, avant de se faire dévorer par un horrible monstre, mais une blonde plus forte que n'importe quel homme, la seule à pouvoir délivrer le monde des forces du mal... voilà, l'aboutissement de la libération de la femme : Buffy. Autre exemple de cette libération totale de la femme : Sex and the city, qu'on ne présente plus. La grande époque.
buffy sex_and_the_city

Et puis voilà les années 2000. Et LA série évènement : Desperate Housewives. Tellement ultra-célèbre et ultra vue que je n'ai pas besoin d'en parler. Mais n'est-ce pas étonnant, ce retour des femmes vers les valeurs véhiculées par cette série ? Certes, ce sont des femmes modernes, tiraillées entre vie familiale et carrière, à l'image de Lynette. Ou célibataire élevant seule un enfant : Susan. Mais on a aussi Bree : la parfaite femme au foyer version 50's, et Gabrielle, femme vénale vivant aux crochets de son mari...
bree
parallèlement à ce retour de séries mettant en scène des femmes dont la vie se passe à la maison, on a aussi un retour chez les jeunes filles d'aujourd'hui vers un goût pour des loisirs qu'on croyait dépassés : couture, tricot, cuisine, décoration, jardinage etc... Et que dire du nombre de blog consacrés exclusivement au shopping !


Je ne jette pas la pierre, je pratique moi même avec plaisir ces mêmes activités, comme vous pouvez le voir sur ce blog... mais je m'interroge devant ce phénomène étrange. Peu de blog de fille parlent de faits de société, de politique, ou même tout bonnement de culture. Alors pourquoi ? La fille ne rêve-t-elle finalement que de retour au passé ?

C'est bien possible. La libération de la femme était nécessaire, évidemment. La situation de nos grands-mères était tout bonnement scandaleuse, et la suprématie des hommes n'avait que trop durée. Seulement, ce que les féministes de l'époque avaient négligé, c'est justement cette expérience du mâle dans l'asservissement de la femme. Aujourd'hui la femme est soi-disant libre. Mouais. On gagne toujours moins, on est toujours moins à poursuivre des carrières prestigieuses. Si l'on veut fonder une famille, on doit toujours se coltiner plus ou moins seule les tâches ménagères et l'éducation des enfants en plus de notre boulot, même si les hommes s'impliquent de plus en plus.
Mais surtout, les mentalités n'ont pas suivies.  Et je dois dire que nous en sommes un partie responsable. L'image de la femme est certainement la pire qu'il n'y a jamais eu. Est-il normal qu'une association appelée Ni pute Ni soumise ait dû se créer au XXIe siècle ? c'est bien qu'il y a un malaise dans la société. Et nous participons à ça : nos régimes, notre maquillage, notre goût pour les fringues, nos occupations superficielles en somme... L'asservissement a changé de forme, mais il est toujours là.
ni_pute_ni_soumise
Et qui fait défiler des mannequins squelettiques en nous faisant croire que les vêtements tombent mieux sur eux ? qui lance des crèmes amincissantes chaque année en nous faisant croire que c'est indispensable ? qui chercher  tout prix à nous convaincre que nous ne pouvons pas sortir sans maquillage ?
mannequin

Dans une société où la femme est une chienne, où une femme qui réussit est soupçonnée du pire, où une jeune fille qui sort en mini-jupe affiche pour certain une envie de se faire violer, où une fille est avant tout belle ou pas, où une fille doit "se préserver" pour être respectable... peut-etre qu'inconciemment, les jeunes filles d'aujourd'hui retournent vers ces valeurs sûres, vers cette époque où la femme, si elle n'était pas considérée était au moins respectée.
ça mériterait une étude socio-anthropologique plus poussée je pense, mais je n'ai pas les compétences pour ça...

Alala, triste époque pour la femme...toujours.